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Aimée-amoureux.

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Complicité

je les vois arriver l'air soucieux , préoccupé , anxieux.

Ils s'assirent brutalement , posèrent leurs gros fessiers sur moi .

Aie , ils me font mal et ils ne se doutaient de rien mais je venais d'apercevoir deux énormes petards ( pas les leurs mais les deux pistolets qui dépassaient de leurs poches).

Panique , he je ne suis qu'un banc immobile . Mais j'ai très vite compris qu'ils ne s'attaqueraient pas à moi . Tout au plus ils pourraient me brûler ou me découper . Ils ne pensaient pas que j'avais une oreille .

Une oreille bien exercée pour écouter toutes les conversations de tous ceux qui s'installaient confortablement sur moi(moa) .

Ces deux la étaient en confiance et se laissèrent aller à quelques confidences..  

Ah , j'ai compris:

Deux truands , mis au ban de la société, avaient de sordides projets.

Mais moi , le banc , je ne comprenais pas « au ban de la société » Ils ne parlaient pas du même banc.

Bref tout s'embrouillait dans mon esprit.

L'un des bandits susurra à l'autre « Alors quelle banque »

Banque .Peut-être un cousin éloigné installé sur le vieux port de Marseille.

Ils parlaient sûrement d'un banc avé l'accent , là bas mes cousins marseillais ne prononcent pas un banc mais un « banque ».

Mon coeur fit bang bang.Je tremblais d'effroi. C'est ça , ils projetaient  de dévaliser une banque et me laisser en paix , moi le banc silencieux mais attentif.

Bien vu , car malgrès mon immobilisme , et installé depuis des décennies dans mon jardin public , je comprenais tous les êtres qui venaient se livrer à toutes sortes de confidences.

Mais ce que je préfère entre tout , ce sont les amoureux qui se bancotent sur moi en toute innocence.

A ce moment là je frémis de toutes mes lattes de bonheur.

Annie Chadefaux

 


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