Un banc universel
 
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Les Bancs qui parlent

Universel ! le banc

Mon cousin, un original forcené, un passeur qui passe son temps à additionner et superposer les hasards, ce trait d'union magique et mystérieux qui fait les rencontres, réveille les passions, les bonheurs en panne qui sommeillent en nous ; infatigable il ne cesse de souffler sur les braises.

Une nouvelle fois, son imagination vient de le torturer. Une lubie, il vient de lancer une vaste campagne publique d'appel à témoignages, priant toute personne qui aurait croisé un banc qui parle de lui en faire part ou tout simplement de décrire quelle pourrait-être la conversation avec ce dernier si cela devait vous arriver.

Sur le coup, j'ai eu un grand sentiment d'inquiétude. Il a fréquenté les bancs de l'école, comme moi, sans en être pour autant traumatisé. Non plus, il n'a jamais été jeté au ban de la société. Alors, d'où lui vient cette soudaine envie de faire causer les bancs.

Alors, me suis-je dit que peut-être en allant poser mon derrière sur le premier banc venu, l'envie de me faire la conversation lui prendrait peut-être. Bien décidé à installer mes 87 kilos, me voilà parti.

Je ne cherche pas très longtemps, j'en trouve un. Celui qui pose, impérial et

solitaire au fond d'une petite allée très romanesque où une petite plaque est déposée à l'entrée, « chiffonnier » Je m'installe sur le banc et tends l'oreille.

Le banc

–   Je ne vous connais pas, vous êtes nouveau, c'est la première fois que vous vous asseyez sur moi.

Moi

–   Je ne vous dérange pas au moins, j'aime les bancs vides, la solitude. Pour qui veut chercher, derrière l'ennui et le silence, il y a calme et sérénité, on se retrouve.

Le banc

–   Votre impression n'est pas tout à fait juste, je ne suis pas un banc vide et  solitaire. Des postérieurs font un usage abusif de moi et c'est avec plaisir que je les porte et supporte.

Moi

–   C'est la première fois que je m'assois sur un banc qui cause, ça me fait un effet plutôt bizarre. C'est quoi l'écriteau au-dessus, il est inscrit bleu, banc, rouge.

Le banc

–   Vous avez remarqué que je n'étais pas un drapeau, mais plutôt un banc et de dimension nationale d'où mon titre bleu blanc rouge. Quant à la parole, elle m'est venue comme ça, un jour. Depuis, je porte et je cause. Certains passent ici des heures à me raconter ce qu'ils ne peuvent dire ou confier ailleurs.

Moi

–   La vie de banc ne doit être toujours drôle, tu supportes des postérieurs à longueur de journée, de temps en temps, t'as pas envie de poser le tien quelque part ?

Le banc

–   Ici, il y a des règles de base à respecter. Chez nous, aucun n'a le droit de s'asseoir sur un autre. Notre seule fonction est de porter.

Moi

–   Tiens, voilà quelqu'un qui s'installe, on va être deux sur ton dos, désolé.

Le banc

–   Je connais bien ce postérieur. Bonjour Fred, comment vas-tu ? Tu as bonne mine aujourd'hui.

Fred

–   Quand je viens me détendre ici, j'ai toujours bonne mine, je me sens bien ici avec toi.

Le banc

–   Ouais! on se connaît bien, Fred est la première personne à qui je me suis adressé. N'est-ce pas Fred ? C'est fou tout ce qui peut se passer sur moi. Fred en est témoin. Les amoureux qui volent de discrets instants de bonheur, des solitaires qui restent des heures prostrés. De plus, comme je parle, ça attire du monde. Je suis là pour la pause, la pause universelle, à chaque coin du monde où se trouve un banc.

Moi

–   Le banc, as-tu un rêve ou quelque chose que tu aimerais voir se réaliser un jour ?

Le banc

–   Voir tous les bancs du monde, toutes les couleurs, toutes les formes se donner la main et former le plus grand banc public qu'on n'ait jamais vu. Imagine toutes les cités, les quartiers du monde, puisqu'ils ne s'entendent pas autour d'une table, peut-être qu'un banc leur serait plus salutaire. A propos, j'ai une légère douleur dans le dos, pourriez-vous vous lever un instant.

Moi

–   Monsieur le banc, n'aimerais-tu pas un autre paysage, un autre décor ?

Le banc

–   Lorsque j'étais jeune, c'est à dire petit banc, dans un petit village, au bout d'une allée, installé dans un petit décor à l'air triste, on m'appelait « le banc des pleurs » C'était étrange, des villageois venaient sur moi juste pour sangloter. A cette époque, je n'avais pas encore l'usage de la parole, je ne pouvais même pas les consoler

Moi

–   Ton histoire est pathétique, touchante, mais on ne va pas appeler le ban et l'arrière ban.

Le banc

–   Non, mais reconnais qu'on est utile. Les chaises ne sont que d'étroits et brefs lieux de passage. Rien ne remplace un bon banc, avec des postérieurs sympathiques pour s'y délacer. Même les clochards, rejetés de partout, leurs derniers refuges, c'est le banc. Les poètes à la recherche d'inspiration peuvent y poser esprit et âme.

FIN DU PREMIER EPISODE...

Rabah Bahloul

 

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